Ce matin, je lis dans un magazine économique un article qui analyse les risques d'éclatement d'une bulle Web 2.0. La thèse du journaliste est que la bulle vers laquelle on navigue gaiement n'aura pas beaucoup d'impact sur l'économie en général, dans la mesure où les principaux acteurs du Web 2.0 (Google, MySpace, Facebook, Twitter...) sont aux mains de quelques investisseurs privés et ne sont pas cotés en bourse.
Au milieu de l'article, l'auteur nous dit "le Web 2.0, dont les services sont généralement gratuits, se finance majoritairement, voire totalement, via la publicité". Point de vue globalement accepté et diffusé par la presse et les analystes. En conclusion de quoi, on met en garde le grand public, à raison sans doute, au motif que cette publicité est basée sur le profilage des internautes. Le prix de l'utilisation des services Web 2.0 serait donc caché et correspondrait à la collecte effrénée, par les industriels du Web 2.0 de données personnelles.
Pourtant, en début d'article, le journaliste nous apprend que les acteurs emblématiques du Web 2.0 (Facebook, Youtube, Twitter...) ne font pas de bénéfices (le financement par la publicité est encore largement insuffisant) et ne vivent que d'injections par des mécènes et autres venture capitalists de monceaux de dollars. Alors, la source de financement de la bulle, est-elle la valorisation des données personnelles, ou est-elle la conséquence de la cupidité du grand capitalisme?
Pour alimenter votre réflexion et votre analyse, nous vous proposons quelques remarques:
- certains grands capitalistes rêvent que les données personnelles des utilisateurs ont beaucoup de valeur (un peu comme à l'époque de la première bulle, ils attribuaient beaucoup de valeur aux "visiteurs")
- le rêve est entretenu par l'espoir de pouvoir faire tout et n'importe quoi de ces données personnelles; le seul objectif est la valorisation maximale de celles-ci (au profit de quelques-uns)
- les entreprises Web 2.0 vivent principalement de capitaux à risques, qui adhèrent au rêve de la valeur des données personnelles (ét espèrent toucher le jackpot à plus ou moins brève échéance)
- les entreprises peinent à valoriser les données personnelles (sinon, elles ne seraient pas en pertes); celles-ci ne financent les activités Web 2.0 que de manière marginale
- les capitaux à risques, disponibles au financement de la bulle Web 2.0, proviennent d'activités commerciales bénéficiaires passées ou de la mise à disposition par des banques peu regardantes sur la gestion de leurs risques
En conclusion, les consommateurs ont déjà payé pour les services Web 2.0 qu'on leur propose aujourd'hui qu'ils en profitent donc. Mais ils doivent baliser l'exploitation de leurs données personnelles, sans culpabiliser sur les sommes que certains perdront lors de l'éclatement de la bulle.